BIOSFILTER est la technologie de dépollution de l'eau développée par BioStart. Elle met en œuvre des polymères biosourcés issus de cyclodextrines, qui retiennent les micropolluants des eaux usées et potables par deux mécanismes complémentaires : l'encapsulation des molécules organiques et l'attraction électrostatique des métaux. Régénérables jusqu'à cinq cycles, ils se valorisent en fin de vie.
BIOSFILTER est le nom de la technologie de dépollution de l'eau développée par BioStart SAS. Elle repose sur plusieurs polymères solides, obtenus par réticulation de cyclodextrines — des molécules issues de l'amidon.
La cyclodextrine est une molécule en forme d'anneau, dont l'intérieur est hydrophobe alors que l'extérieur est hydrophile. Cette géométrie lui permet de loger dans sa cavité des molécules organiques peu solubles dans l'eau — précisément la famille à laquelle appartiennent la plupart des micropolluants.
Selon la cyclodextrine employée — alpha, bêta ou gamma — la cavité change de dimension, et avec elle les molécules qu'elle peut accueillir. C'est la première raison pour laquelle BIOSFILTER désigne une famille de polymères et non un matériau unique.
Prises isolément, les cyclodextrines se dissolvent et seraient emportées par le flux. Les réticuler entre elles produit des matériaux insolubles, manipulables et réutilisables, qui conservent les propriétés de capture de la molécule d'origine. Ce sont ces matériaux qui constituent BIOSFILTER.
Le premier de ces polymères, CelluloFilter, associe la β-cyclodextrine à un support cellulosique. C'est celui que BioStart commercialise en premier.
BIOSFILTER est une technologie exclusive. Les polymères qui la composent — d'origine végétale, obtenus par chimie verte — sont protégés par brevet, et leur exploitation est réservée à BioStart et à ses licenciés.
BIOSFILTER procède par adsorption physico-chimique : le polluant n'est ni dégradé ni transformé, il est retenu. Deux mécanismes distincts s'y combinent.
La molécule cible entre dans la cavité de la cyclodextrine, dont l'intérieur hydrophobe la retient. La capture dépend de la géométrie et du caractère hydrophobe de la molécule visée, non de sa seule concentration.
Les polymères portent des charges négatives. Les métaux, présents en solution sous forme d'ions positifs, y sont attirés et retenus. Ce mécanisme ne met pas en jeu la cavité : il s'ajoute à l'encapsulation et étend le spectre de la technologie aux polluants métalliques.
Les matériaux poreux retiennent par une surface non spécifique : ils captent indistinctement ce qui passe, et leur capacité est mobilisée par les matières en suspension et la matière organique naturelle — bien plus abondantes dans une eau réelle que les micropolluants eux-mêmes.
BIOSFILTER fonctionne autrement. Ses polymères vont chercher le polluant visé sans être saturés par le reste de la charge. La sélectivité n'est pas un raffinement de laboratoire : c'est ce qui permet de rester actif au microgramme par litre dans une eau qui contient tout le reste.
Le procédé n'est pas biologique : il ne met en jeu ni bactéries, ni biomasse, ni dégradation microbienne. C'est une rétention physico-chimique sur des matériaux d'origine végétale.
BIOSFILTER s'adresse aux polluants que les traitements conventionnels des stations d'épuration ne sont pas conçus pour éliminer. Ils relèvent de deux grands ensembles, pris en charge par les deux mécanismes décrits plus haut.
L'encapsulation ne vise pas une liste fermée de substances. Elle s'applique à la grande famille des molécules organiques peu ou pas solubles dans l'eau : c'est leur caractère hydrophobe qui les conduit à se loger dans la cavité de la cyclodextrine. L'inventaire européen des substances commercialisées en recense plus de 100 000, dont une très large part présente ce profil.
La plupart ne sont pas suivies dans l'eau — non qu'elles en soient absentes, mais parce qu'il n'existe pas de méthode de dosage en routine pour les mesurer. Sur ces 100 000 substances, quelque 23 100 seulement sont enregistrées sous REACH, l'enregistrement ne s'appliquant qu'au-delà d'une tonne par an. Ce qui n'est pas dosé n'est ni réglementé, ni traité.
Sources : inventaire EINECS, 100 106 substances (Journal officiel des Communautés européennes, 1990) · ECHA — substances enregistrées, état au 30 septembre 2025.
Trois familles concentrent aujourd'hui l'attention réglementaire et l'essentiel des demandes de traitement. Elles illustrent le champ d'action de la technologie, elles ne le délimitent pas.
Substances per- et polyfluoroalkylées, persistantes dans l'environnement et au cœur des évolutions réglementaires européennes sur l'eau potable.
Molécules phytosanitaires et leurs métabolites, présentes dans les ressources superficielles comme souterraines.
Principes actifs pharmaceutiques et perturbateurs endocriniens issus des rejets domestiques et hospitaliers.
Les charges négatives portées par les polymères retiennent les métaux dissous. Ceux-ci sont alors concentrés dans le matériau plutôt que dispersés dans le milieu, ce qui ouvre la possibilité de les récupérer au recyclage.
Au-delà de ces familles, l'efficacité se détermine molécule par molécule, selon sa géométrie et son caractère hydrophobe. C'est la raison d'être de notre diagnostic en ligne, qui raisonne substance par substance plutôt que par catégorie : il indique ce que BIOSFILTER apporterait sur un effluent réel, y compris pour des composés qui ne figurent dans aucune des trois familles ci-dessus.
Un adsorbant se sature. Ce qu'il devient ensuite détermine l'essentiel du coût d'exploitation et de l'empreinte environnementale d'un traitement.
BIOSFILTER se régénère jusqu'à cinq cycles. Le polluant est extrait des polymères, qui retrouvent leur capacité de capture et retournent en service. L'opération ne détruit pas le matériau.
Les polluants extraits sont concentrés dans un volume réduit, ce qui rend leur traitement — voire la récupération de certains d'entre eux — possible au lieu d'être dilués dans le milieu.
En fin de vie, les polymères sont valorisables en bio-ciment. La filière ne produit pas de déchet ultime nécessitant un enfouissement dédié.
BIOSFILTER se place en traitement complémentaire, en aval des étapes existantes, là où les micropolluants subsistent après les traitements conventionnels. Il ne suppose pas de refondre la filière en place.
Il s'adresse aussi bien aux stations d'épuration urbaines qu'aux usines d'eau potable et aux effluents industriels, dont les effluents hospitaliers, où la charge en résidus médicamenteux est concentrée à la source.
BioStart SAS est la société qui conçoit et développe la technologie BIOSFILTER. Elle est installée au Genopole d'Évry-Courcouronnes, premier biocluster français dédié aux biotechnologies.
La société est également désignée sous les graphies Bio-Start et BioStart SAS. Elle n'a aucun lien avec les autres entités portant un nom voisin dans d'autres secteurs d'activité.
Le développement de BIOSFILTER s'appuie sur un partenariat avec le BRGM pour la validation scientifique, et bénéficie du soutien d'institutions françaises et européennes. Les travaux publiés qui fondent l'approche sont réunis dans notre bibliographie.